Sujet: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 19:45
Il y avait des jours comme ça où Bonnie haïssait son travail. En temps normal, elle en était plus que satisfaite. Elle passait la journée à donner des ordres et se faire obéir ; parfois elle essayait même des robes de hautes coutures qui coutaient la peau des fesses. Elle était payée pour exercer son activité favorite : en faire baver aux autres. Et elle ne se sentait pas mal le soir, au contraire. On avait beau lui dire et répéter que ce qu'elle faisait n'était pas vraiment humain, elle ne se lassait jamais de ses petits jeux. On lui avait même dit plusieurs fois que c'était une salope, une affreuse personne, une sans-cœur et j'en passe. Elle avait essayé d'être gentille une fois, mais elle s'était tellement ennuyée qu'elle n'avait tenu qu'une demi-journée. Et encore.
Aujourd'hui était un de ces jours 'sans'. Tout le monde semblait faire exprès de tout faire de travers, la faisant ainsi courir de droite à gauche. Elle avait été sur le dos des personnes qui travaillaient pour elle - enfin, en quelque sorte, ils travaillaient dans la boite de son père, et malheureusement pour eux, la jeune femme venait d'être promue et avait donc une place de choix dans l'entreprise - toute la sainte journée et aurait cru ne jamais en voir le bout. Et pour couronner le tout, un taxi l'avait snobé, passant droit devant elle sans s'arrêter. Quel toupet. Le conducteur l'avait peut-être déjà eu dans sa voiture et l'avait trouvé tellement insupportable qu'il n'avait pas eu envie de retenter l'expérience. C'était très plausible comme hypothèse. Enfin, toujours est-il que Bonnie était d'une humeur massacrante et qu'elle comptait bien se défouler sur la prochaine personne qui commettrait un faux pas, qui que ce soit.
Arrivée chez elle, le portier en voyant sa tête ne se risqua même pas à lui parler - il avait l'habitude de lui demander comment elle allait, comment s'était passée sa journée, des trucs du genre... mais la jeune femme s'était faite une sacré réputation dans son immeuble. Il y avait eu quelques querelles entre voisins à cause d'elle. Il savait que la russe avait beau être adorable de temps à autres, elle n'en était pas moins insupportable la plupart du temps. Bonnie prit un bain relaxant, moussant avec des bougies, des huiles, et tout le tintouin. Elle faisait souvent ce genre de choses, pour essayer de faire retomber la pression et de retrouver une humeur un peu plus... agréable et être plus facile à vivre. Ça ne marchait que très rarement malheureusement.
« Tu me rejoins à l'Awesome dans une demi-heure? J'ai une curieuse envie de sortir, profites-en c'est pas souvent. » De loin, Bonnie reconnut la voix de Weedle, sa meilleure amie. Pas d'humeur à décrocher, elle avait laissé le téléphone sonner. Fallait bien que la boite vocale serve à quelque chose. Une sortie? Hmmm, pourquoi pas. L'idée était plutôt tentante, peut-être qu'elle pourrait retrouver un peu le moral là bas. Elle trouvait toujours des gens de qui se moquer, des réflexions à faire, des mecs à envoyer promener... Ouais, c'était parfait. Elle s'habilla en circonstances et sortit de son appartement aussi vite qu'elle n'était arrivée, mais de meilleure humeur. Enfin, un peu.
Le bar était pas mal rempli. En même temps, c'était compréhensible, il était l'un des bars les plus prisés de la ville. Bonnie y allait de temps en temps, même si ce n'était l'endroit qu'elle préférait. Elle scruta de loin la salle. Aucun visage connu. Elle se fraya donc tant bien que mal un passage au milieu des danseurs, n'hésitant pas à sortir des « Bouge connard » par ci par là, ou en donnant quelques coups de coudes pour que les gens dégagent du chemin. Quelle adorable demoiselle. Sa vulgarité contrastait avec son apparence angélique et pouvait en choquer certains qui ne s'attendait pas à de telles choses de la part de la jeune femme. Elle arriva enfin au bar, où elle prit place sur un tabouret. Elle commanda une coupe de champagne, histoire de patienter en attendant son amie. Le regard dans la vie, faisant le tour de son verre avec son index, quelque chose attira son attention. Plutôt quelqu'un en fait. Elle reconnaitrait ces yeux entre mille : Pablo! Pablo était son ex, celui qui l'avait largué - elle ne se faisait jamais larguer, c'était toujours elle qui prenait cette initiative. Inutile de préciser donc qu'elle était très remontée contre le jeune homme. Et le mot était faible. Elle se leva et se rendit vers le brun. « T'as toujours d'aussi beaux yeux. » dit-elle avec un sourire forcé et hypocrite aux lèvres, prenant place sur la tabouret d'à côté.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 19:48
Cela faisait quelques jours que Pablo ne s'était pas rendu sur un circuit de courses. Et pourtant, c'était un lieu qui fréquentait énormément en général ! Seulement voilà, aucune course n'était prévue dans l'immédiat, et sa voiture chérie était partie en révision. Autant dire que le jeune pilote tournait en rond, il ne savait pas quoi faire de ses journées, et il détestait ça. Il n'était pas vraiment du genre à rester chez lui, cloué au fond de son lit à flemmarder des journées entières. Pablo avait plutôt besoin de bouger, de se dépenser, et de passer le moins de temps possible dans son appartement. Lorsqu'il n'était pas dans une de ses voitures, il prenait son vélo pour aller arpenter les différents parcs de New-York. Il s'adonnait aussi assez souvent aux joies du jogging en plein air, du tennis, bref, le sport était pour lui quelque chose d'inévitable, de vital et de nécessaire. Il ne concevait pas sa vie sans sport, sans mouvement et allait même jusqu'à remuer un peu son entourage s'il voyait qu'un de ses amis avait tendance à resté un peu trop avachi dans son canapé.
D'après ce que lui avaient promis les mécaniciens, son bolide aurait dut être prêt il y a déjà deux jours. Mais comme souvent dans ces cas-là, les réparations s'éternisaient, et Pablo commençait sérieusement à s'impatienter, voire à s'énerver tout seul quand il pensait à cette équipe de bras cassés. Mais ce matin, alors qu'il prenait son petit déjeuner en se demandant comment il allait bien pouvoir s'occuper aujourd'hui, son téléphone se mit à sonner. Après quelques secondes de conversation, le visage du jeune homme s'illumina d'un sourire. Il termina ses tartines en vitesse, fonça dans sa chambre pour s'habiller, et sortit en trombe de son appartement sans même prendre la peine de se coiffer. Il grimpa dans sa voiture – personnelle cette fois, beaucoup moins véloce que celle qu'il attendait depuis si longtemps!- et mit les voiles vers le circuit où il avait l'habitude de s’entraîner. Car oui, les mécaniciens avaient enfin terminé leur boulot, et Pablo pouvait reprendre en main son véhicule, histoire de tester les quelques améliorations qui y avaient été apportées. Si quelqu'un l'avait croisé ce matin, il aurait put le prendre pour un jeune papa qu'on venait d'appeler pour lui annoncer la naissance de son bébé . Mais non, sa voiture était simplement prête... Il y tenait tellement que cette nouvelle avait eut le même effet sur lui. En fait, peu de gens comprenaient réellement cette « relation » qu'il entretenait avec tout ce qui touchait à l'automobile. Mais à ces gens-là, Pablo se contentait de répondre qu'une passion, ça ne s'explique pas. Il en était ainsi, et il n'y pouvait rien. Et puis si il avait eut à rentrer dans les détails, il aurait du raconter que son père l'avait initié à ce genre de sports... Le jeune pilote détestait tout simplement son père, et il usait de tous les subterfuges pour éviter d'en parler. Cet homme qui les avait abandonnés, sa mère et lui, n'était même plus son père à ses yeux. Même si le fait de continuer la passion qu'il lui avait insufflée le faisait obligatoirement « revivre », pour Pablo, cet homme était mort. Il ne voulait plus avoir à faire à lui, jamais.
Trop heureux de pouvoir conduire à nouveau sur son circuit fétiche, le jeune homme ne vit pas la journée passer. C'est seulement lorsque le soleil commença à baisser vers l'horizon qu'il comprit que ce jour touchait à sa fin, et qu'il était peut-être temps de ranger son bijou au garage. Néanmoins, il n'entendait pas finir cette merveilleuse journée comme ça, et il invita ses quelques collègues encore présent avec lui à venir boire un verre. Comme souvent, Pablo opta pour l'Awesome. Ce bar était vraiment génial, c'était d'ailleurs un de ses lieux préférés à NYC ! En plus, il avait déjà eut l'occasion d'y mixer, et l'ambiance était vraiment très bonne. Après un verre, ses amis décidèrent de rentrer. Mais le jeune pilote voulut rester encore un peu. En fait, il y avait de grande chances que des têtes connues débarquent dans l'établissement d'ici peu, alors il préférait attendre pour pouvoir continuer la soirée avec eux. Mais alors qu'il scrutait les alentours, il vit une silhouette avancer vers lui. Et lorsque cette dernière fut quasiment en face de lui, il reconnut Bonnie. « Oh merde ! » lâcha-t-il discrètement. Aussitôt, il se tourna et regarda du côté opposé, l'air de rien. Il n'eut pas le temps de prendre ses jambes à son cou, que déjà il entendit la jeune fille parler derrière lui. Pablo tenta quand même de faire celui qui n'avait rien entendu, et continuait à fixer l'autre côté du comptoir, puis il plongea les yeux dans son verre, et finit par relever la tête pour regarder son ex-petite amie. Il était à la fois mécontent et déçu de la trouver ici, mais se sentait aussi heureux. Depuis leur rupture ils ne s'étaient jamais vraiment revus, et ça faisait un bien fou de la revoir, même si c'est lui qui l'avait quittée. Sa première phrase le mit un peu mal à l'aise, ais il essaya de ne pas se démonter et répondit d'un ton qui se voulait être assuré : « Euh... oui, sûrement. Qu'est-ce que tu fais là, t'es toute seule ? » demanda-t-il prestement en regardant derrière elle. C'était une petite technique pour éviter de trop la regarder en face, mais visiblement Bonnie était partie pour s'installer ici, juste à côté de lui, pour un moment !
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 19:53
Pablo était visiblement contrarié par l'arrivée de Bonnie. En même temps, vu les circonstances de leur rupture, ce n'était pas vraiment étonnant. Enfin, si il croyait qu'elle ne l'avait pas vu soupirer et se retourner quand il l'avait vue, il se mettait le doigt dans l'oeil - ce qui était dommage soit dit en passant. « Je vois que tu es content de me voir, ça fait plaisir. » La russe ne se démonta pas pour autant et lui offrit un nouveau sourire. « Sérieusement, tu me hais toujours autant? Même après tout ce temps? » Pour le coup, et elle le reconnaissait volontiers, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle avait loin d'être été la petite amie parfaite. Capricieuse, menteuse, chiante, imbuvable, voilà à quoi on aurait pu résumer son comportement du temps où ils sortaient ensemble. Le pauvre en avait vraiment bavé, et quand il lui arrivait d'avoir des remises en question, elle regrettait d'avoir agit comme ça. Mais c'était plus fort qu'elle, comme on dit, chassez le naturel et il revient au galop.
Bonnie continuait de faire tourner son doigt autour de son verre, mais elle s'arrêta quand Pablo lui demanda ce qu'elle faisait là, toute seule. Si ça, ça n'était pas une preuve qu'il n'était pas content de la voir, qu'est ce que c'était? Elle posa cette fois sa main sur le bar, et lui répondit sans arrêter de le regarder dans les yeux. Elle avait bien remarqué qu'il fuyait son regard depuis qu'elle s'était assise à ses côtés. « Je m'ennuyais. Je me suis donc dis tiens! Si je suivais Pablo et que j'allais l'embêter un peu? Ca fait longtemps, je suis sûre que je lui manque. » Elle marqua une pause, en attendant sa réaction. « Non en fait une amie m'a donné rendez-vous ici, mais elle est en retard. Tu es apparu devant moi et j'ai tout de suite su comment m'occuper. Je t'ai manqué? » Et comme il fixait toujours un point derrière elle pour ne pas le regarder, elle leva les yeux au ciel. « Tu vas continuer à éviter mon regard longtemps? Ils sont pas beaux mes yeux? »
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 19:58
Malgré toutes ses vaines tentatives pour l'éviter, Pablo se trouvait à présent installé à côté de son ex-petite amie. Autant dire qu'il était tout sauf détendu, et comme si elle le faisait exprès, la jeune femme ne cessait de le fixer. Même s'il aurait préféré garder le silence, le jeune pilote fut bien contraint de prendre la parole au bout d'un moment. Et il ne trouva rien de plus judicieux que de lui demander ce qu'elle faisait dans ce bar, et surtout ce qu'elle y faisait toute seule. Évidemment, Bonnie lui répondit avec son « humour » habituel. Il commença par sourire un peu, puis perdit bien vite cette expression quand elle mentionna l'idée qu'elle pouvait éventuellement lui manquer. Si elle savait... Pablo détourna une nouvelle fois les yeux, et replongea son regard dans le verre qui trônait juste en face de lui. Il le faisait glisser d'une main à l'autre, nerveusement, comme pour se donner une contenance face à cette fille qu'il avait quittée il y a quelques mois, mais qui le troublait encore tellement. De peur de dire une bêtise, ou de se trahir, le jeune homme préféra ne pas répondre aux insinuations de Bonnie. Si jamais elle apprenait qu'il lui arrivait de regretter leur rupture, elle en profiterait pour se moquer de lui, ou l'utiliser pour se venger. Il attendit donc plus ou moins calmement qu'elle reprenne la parole, et fut en quelque sorte soulagée lorsqu'elle daigna lui avouer qu'elle attendait simplement une amie.
Pour faire semblant qu'il portait une grande attention à ce qu'elle lui disait, Pablo avait redressé la tête. Mais, incapable de croiser son regard, il s'était à nouveau résigné à fixer ce point juste derrière elle. Il espérait ainsi lui donner l'impression qu'il la regardait, alors que ce n'était pas le cas. Comme pour enfoncer une nouvelle fois le clou, Bonnie lui demanda si elle lui avait manqué. Pablo se raidit, et serra les dents un instant, en réfléchissant à une solution pour se sortir de cette question épineuse. Il lui fallut tous les efforts du monde pour esquisser un sourire, qui ne paraissait néanmoins pas très réel, et secouer la tête. « Euh... Tu sais, je suis très occupé en ce moment alors... Je n'ai le temps de penser à rien ! » Ok... Même si son excuse était tout bonnement ridicule, Pablo savait qu'il était capable de bien pire, alors elle devrait se contenter de ça. Alors qu'il croyait avoir surmonté le plus dur, voilà que sa technique presque infaillible du regard au loin flanchait. La jeune femme ne lui laisserait donc rien passer ce soir ! Elle leva les yeux au ciel d'un air désespéré, et le démasqua sans prendre aucune précaution. Pour la première fois depuis leur rupture, le jeune pilote fut donc obligé de croiser son regard. « Si... Si, si ils sont très beaux. Presque autant que les miens. Mais il y avait un type bizarre derrière, je le surveillai juste... »
En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Pablo venait donc d'aligner deux beaux mensonges. Mais à part ça, il ne trouvait rien d'autre à dire... Alors il détourna encore ses yeux, et attrapa son verre pour en boire une gorgée, et ainsi éviter de parler mais surtout d'avoir à la regarder pendant un moment.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:03
« Tu pourrais trouver mieux comme excuse franchement. » Bonnie se vexa un peu, sur le coup. Qu'il n'ai pas envie de la voir et qu'il lui mente passe encore, mais il aurait au moins pu faire un effort d'imagination. En tout cas elle avait réussi à le mettre mal à l'aise, et ça suffit à lui remonter le moral. C'était jouissif pour elle de le voir s'enfoncer de cette manière. C'était pour les sables mouvants, plus il essayait de s'en sortir, plus il tendait de perches à Bonnie. Voir les gens peiner comme ça était vraiment son truc. Elle but une gorgée de champagne comme pour savourer le moment. Elle avait arrêté de fixer Pablo, le laissant respirer un peu. Sans relever son regard de son verre, Bonnie reprit de plus belle. Elle n'avait pas encore envie de lui laisser trop de répit. C'est que depuis leur rupture, il en avait eu, du répit. « Un type bizarre? Vraiment? Je ne te connaissais pas un esprit si héroïque. »
Puis elle décida de passer à l'étape supérieure. Finalement, elle bénissait presque Weedle de n'être toujours pas là. Elle venait de lui offrir l'opportunité rêvée de se venger et de s'amuser un peu. Pour être honnête, elle n'avait pas passé une si bonne soirée depuis un petit moment. Elle avait de moins en moins de personnes à maltraiter. Surtout au travail. Les gens n'étaient plus d'aussi bons à rien qu'ils avaient pu l'être. Et ça l'attristait grandement. « Tu vois c'est bien beau ce que tu dis, et je ne demande qu'à te croire. Mais tes réactions me font penser le contraire. Pourquoi te donnes tu tant de mal à me mentir? Enfin non, tu ne te donnes pas vraiment de mal, mais tu as compris où je voulais en venir. C'est tellement mieux de dire la vérité. L’honnêteté paye toujours. » Peut-être oui que s'il avait été honnête avec elle depuis le départ, elle aurait laissé passer. Elle aurait été flattée bien sûr, mais elle n'aurait pas prit autant de plaisir à le torturer de cette façon. Ca n'aurait eu aucun intérêt. « Tu regrettes, c'est ça? » Là, elle s'était retournée vers lui, essayant de le regarder dans les yeux, tant qu'il ne fuyait pas son regard.
Quant à savoir si lui, il lui manquait, c'était une autre histoire. Bien sûr elle avait apprécié les moments passés avec lui. Mais c'était du passé. La seule chose qui la motivait à le revoir était de se venger. Et c'était entrain d'arriver. A son tour de mentir à présent. Peut-être que si elle lui faisait croire qu'il lui avait manqué, il avouerait tout. Elle s'y risqua. « Toi tu m'as pas mal manqué en tout cas... » Elle détourna la tête, de la même façon qu'il n'arrêtait pas de le faire. Elle essayait de prendre un air un plus grave, un air totalement différent de celui qu'elle avait jusqu'à maintenant, pour que ça fasse plus réel.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:06
Décidément, Bonnie n'avait vraiment pas changé. Le jeune homme la trouva aussi peste et arrogante que lorsqu'il la côtoyait. Même du temps où ils sortaient ensemble, la jolie blonde ne se privait jamais de lui envoyer quelques réflexions acérées, et elle n'avait visiblement pas perdu cette petite habitude. Alors qu'elle l'attaquait sur le fait qu'elle ne l'avait jamais vu aussi héroïque, Pablo préféra ne pas répondre, et faire comme s'il n'avait rien entendu. D'ailleurs, il avait appris que c'était en fait la meilleure solution pour passer outre ces piques incessantes. En faisant comme si rien ne l'atteignait, il avait observé que Bonnie finissait souvent par se lasser toute seule, ou se vexer... Mais dans tous les cas, il obtenait la tranquillité qu'il recherchait.
Mais la quiétude du jeune pilote ne dura que quelques secondes, et aussitôt son ex-petite amie reprit la parole. Ce qu'elle était en train de lui dire avec un calme pour le moins déconcertant le laissa sans voix. Évidemment, elle avait découvert son petit jeu, et n'avait pas mis de gants pour le lui faire comprendre. Bonnie lui demanda directement s'il regrettait son geste. En entendant sa question, Pablo manqua de s'étouffer, il reposa prestement son verre, puis se tourna complètement vers elle pour la toute première fois de la soirée. Malgré lui, il fronçait les sourcils ce qui lui donnait un air particulièrement sévère. « J'te demande pardon ? Tu penses que je regrette ? » répéta-t-il avec un petit rire faussement ironique. Il secoua ensuite la tête et continua, tout en essayant de se convaincre lui-même : « Non, non, c'est ce que tu voudrais... Mais non. » Sur ces paroles, elle osa insinuer qu'il lui avait manqué. Pablo resta alors bouche bée, pendant qu'elle détournait le regard et prenait un air plus grave. Le jeune homme essayait de la sonder pour deviner ce qu'elle pensait vraiment. Mais sans pouvoir capter son regard, ce n'était pas chose facile.
Le jeune homme resta silencieux, en ne cessant de la fixer afin de guetter la moindre faille. Impossible pour lui de savoir si elle bluffait, ou s'il lui avait réellement manqué durant les dernières semaines. Pablo était bien loin d'être en position de force face à Bonnie, et ça avait le don de l'énerver. A ce moment précis, il n'avait aucune idée de l'attitude à adopter, ni des mots à évoquer. Il laissa échapper un long soupir, qui traduisait son désespoir et ses hésitations. Le jeune pilote se retrouvait totalement perdu, à cause d'une simple phrase, qui n'était peut-être qu'une technique de torture de plus de la part de son ex. Il se racla nerveusement la gorge, et chercha quelque chose à dire pendant quelques secondes encore. Puis il pivota pour se remettre dans le même sens qu'elle, et répondit : « Je ne sais pas comment je dois le prendre... Mais quoi qu'il en soit, ça ne change pas grand chose. » Son ton était sec, une façon pour lui de masquer le fait qu'il soit mal à l'aise comme rarement il l'avait été. Pablo priait intérieurement pour que l'amie de Bonnie arrive au plus vite, et le sorte de cette situation impossible par la même occasion...
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:09
A sa question, Bonnie essaya d'étouffer son rire. Un rire sarcastique, cela va de soit. Elle se retint également de ne pas lui répondre que oui, il devait la regretter, que c'était le cas de tout le monde. Au lieu de ça, elle décida d'être un peu moins directe. « Arrête de te mentir, Pablo. Tes réactions trahissent ce que tu penses vraiment... » En fait là elle venait plutôt de faire un coup de poker. Elle n'était pas le moins du monde experte en sciences comportementales et ne savait pas ce qu'il pensait réellement. Son orgueil surdimensionné lui faisait penser qu'il mentait, qu'il la regrettait, mais elle savait qu'elle ne pouvait en être sûre. Mais vu comme il s'appliquait à lui mentir depuis tout à l'heure, il y avait fort à parier que la russe avait raison.
Elle décida ensuite de continuer à jouer le petit rôle qu'elle venait de se donner. Elle s’efforça de paraitre le plus sincère possible. Le plus dur restait encore de ne pas éclater de rire. Mais elle était trop déterminée pour faillir. Elle baissa à nouveau la tête. Certes, c'était plus facile pour qu'il ne décèle pas son mensonge, mais qui a dit qu'elle n'avait pas le droit d'utiliser la facilité? « Tu as raison, j'aurais bien aimé te manquer, que tu me regrettes. Ca aurait bien été une première. » Bonnie s'autorisa ensuite à regarder furtivement Pablo. « Je sais que je suis un monstre, enfin que je n'ai pas agi correctement quand on était ensemble. J'essaye de travailler sur moi, je vois même un psy. Mais j'ai encore du mal à me contrôle... Enfin je suis doucement entrain de changer... Mon psy dirait que ce que je fais là, c'est déjà un gros effort de ma part. Tu sais à quel point je suis fière et que je ne sais pas ce que signifie le mot excuses? Bah voilà, c'est ça. Je m'excuse pour tout ce que je t'ai fait endurer Pablo. » Le moins qu'on puisse dire était qu'elle avait envoyé le paquet . Elle était assez fière d'elle, mais cela pouvait tourner à son avantage comme à son désavantage. Pablo pouvait très bien tomber les deux pieds dans le panneau ou ne pas la croire et la démasquer sur le champ.
« Je sais très bien que tout ça ne change rien, mais je tenais à ce que tu le saches. » Elle se demanda s'il fallait qu'elle pleure, là. Ca finirait de le déstabiliser pour de bon au moins. Mais elle se dit que ça ferait peut-être un peu too much. Au lieu de ça, elle se contenta de soupirer. « Ca va mieux maintenant que j'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur. »
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:11
Pablo essayait au maximum de se détacher de ce que lui disait Bonnie, pour ne pas tomber dans le piège, il la connaissant trop bien pour ça. Mais plus il essayait de se convaincre qu'elle bluffait, plus elle semblait sincère, et affectée. Complètement perdu entre la pitié et la méfiance, le jeune pilote ne savait plus vraiment quoi faire face à elle. Il pensa d'abord que la meilleure solution était de ne pas répondre. C'est donc ce qu'il fit quand elle lui demanda d'arrêter de se mentir. Évidemment, leur couple avait tenu quelques temps, et la jeune femme le connaissait également. Elle n'avait donc pas eut beaucoup de mal à discerner son malaise, et à le démasquer. Mais, fidèle à son nouveau credo, Pablo s'efforça de rester de marbre, et se contenta de secouer la tête sans dire un mot. La moindre parole pourrait se retourner contre lui ou pire, donner des éléments en faveur de Bonnie. La meilleure technique restait alors le silence.
Son ex-petite amie jouait sur la corde sensible, elle essayait de le faire craquer par tous les moyens, et elle n'était pas loin d'y parvenir. Les raisons pour lesquelles elle faisait ça échappaient encore au jeune homme, et cela ne faisait qu'ajouter un peu plus d'importance à ses doutes. Tant bien que mal, Pablo s'efforçait de ne rien laisser paraître. Son cocktail lui était d'ailleurs d'une aide précieuse : il en buvait une gorgée par-ci par-là, il plongeait ses yeux dedans, il jouait avec le verre... bref, il se trouvait tout un tas d'autres occupations, qui l'empêchaient de se laisser aller. Mais le niveau du liquide contenu dans son verre baissait à vue d’œil, et bientôt il n'aurait plus aucun rempart contre le supplice que Bonnie lui infligeait. Il l'écoutait encore parler d'une oreille, et elle en était arrivée à lui raconter qu'elle voyait un psychologue. Selon ses dires, elle essayait réellement de changer, et pour preuve, elle se décida même à lui fournir des excuses. Le jeune pilote redressa brusquement la tête, par certain d'avoir tout compris. Comment est-ce qu'ELLE, BONNIE FITZGERALD pouvait bien venir s'excuser auprès de lui pour ce qu'elle lui avait fait subir ? C'était tout simplement irréel. Deux solutions étaient possible : son psy était vraiment un génie, ou alors, elle essayait de le mener en bateau, comme elle l'avait toujours fait. Et aux vues de la chose exceptionnelle qu'il venait d'entendre, Pablo penchait plutôt vers la deuxième option. Néanmoins, il la laissa finir en l'écoutant religieusement, et en la regardant, pour une fois.
« Écoute, je... je suis... content. » lui dit-il d'un air plus ou moins convaincu. « Mais.. Pourquoi tu viens me dire tout ça maintenant Bonnie ? Je crois que je ne comprends pas vraiment ce que tu attends de moi, et... et en plus, franchement, je ne te crois pas capable de changer à ce point. Pas en si peu de temps. Pas comme ça. Je te connais Bonnie, ne l'oublie pas. Et je ne peux pas croire tout ça. » Bien que prononcés un peu à contrecœur, ses mots avaient particulièrement bien traduit ce qu'il pensait. Pablo avait du faire d'énormes efforts pour ne pas la prendre en pitié, pour ne pas avoir envie de la consoler et de la prendre dans ses bras... Mais il devait vraiment passer à autre chose maintenant. Et absolument tout lui laissait croire qu'elle était en train de jouer avec lui, de le manipuler pour lui faire avouer des choses qu'elle savait déjà...
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:36
« Content? » Il y eu comme un ting dans sa tête quand elle entendit ce mot, comme si il n'avait prononcé que celui là. Bonnie ne savait pas bien comment l’interpréter. Il était content de quoi au juste? Content qu'elle vienne de lui avouer qu'il lui manquait? Content qu'elle s'excuse? Content qu'il la voie vulnérable à ce point, même si c'était faux? Elle ne s'attarda cependant pas trop longtemps dessus et reporta enfin son attention sur ce que son ex petit-ami disait. Évidemment qu'il ne la croyait pas. Il ne voulait surtout pas se laisser aller à espérer, à croire pour au final se retrouver sur les fesses, seul avec la déception de s'être fait avoir comme un bleu. Et il ne semblait pas vouloir lâcher l'affaire, il ne s'autoriserait sûrement pas à baisser sa garde de si tôt. Ce qui contrariait bien la russe. « Je n'attends rien de toi, Pablo. Rien du tout. Je voulais juste que tu saches tout ça. Maintenant libre à toi de partir et de couper court à la conversation. »
Comme il ne semblait pas la croire, et contrairement à ce qu'elle avait décidé un peu plus tôt, Bonnie décida de passer à la vitesse supérieure. Elle avait voulu l'épargner un peu mais là elle n'avait plus vraiment de pitié envers lui. Tant pis. Elle allait se retirer dans ses derniers retranchements, et cela allait lui demander pas mal d'énergie et de concentration. Elle but donc une grande gorgée de champagne pour se donner de la force. Après quoi, elle se tourna complètement vers Pablo et se mit à pleurer.
L'américaine commença fort. Beaucoup de larmes s'étaient mises à couler le long de ses joues, et elle respirait assez fort. Comme lors d'une réelle crise de larmes quoi. « Je vois bien que tu ne me crois pas. Je ne suis pas stupide. » Elle fit une pause pour essuyer d'un revers de la main sa joue gauche. « Mais crois moi quand je te dis que j'essaye vraiment de changer. Je suis toujours mal jugée à cause de mon caractère. Et j'en ai marre. Je n'arrive pas à avoir de vraies relations à cause de ça. Autant sentimentales qu'amicales. Et j'en ai marre. Je ne sais pas d'où me vient ça, j'ai toujours été ainsi j'imagine... Mon psy m'a dit que ça venait de traumatismes de l'enfance ou des conneries du genre... Enfin les trucs habituels tu vois. Et... Et... » Elle mit sa tête dans ses mains, sans cesser de pleurer. Intérieurement, elle sourit. Si après ça, il ne la croyait pas ou ressentait un minimum de culpabilité et de compassion, elle arrêterait d'être méchante. Elle venait de donner la prestation du siècle et méritait au moins un oscar. Toujours la tête baissée, elle continua. « J'aimerais juste que quelqu'un, juste une fois, me dise que non je ne suis pas que cette garce sans cœur que j'ai l'air d'être, que oui je suis une bonne personne. Juste ça. Mais si tu n'arrives pas à me croire, j'imagine que c'est peine perdue pour moi. »
Bonnie finit par relever la tête vers Pablo, doucement et innocemment. Son regard était brillant, encore remplit de larmes.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Lun 14 Nov - 20:40
Pablo avait bien du mal à comprendre ce qui était en train de se passer. Tout d'abord, le simple fait de recroiser Bonnie pour la première fois après leur rupture était pour lui une sorte de choc, de bouleversement. De plus, elle avait visiblement décidé de le faire culpabiliser, de l'amadouer et de le rendre triste, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Enfin, il avait bien une petite idée... Après tout, c'est lui qui l'avait quittée, et la connaissant, le jeune homme savait bien qu'elle essaierait de se venger un jour ou l'autre. Mais le moment était particulièrement mal choisi. Pablo se sentait encore un peu fébrile, il avait peur de croiser le regard de son ex, sous peine de regretter sa décision de la quitter Et pourtant, cette décision était mûrement réfléchie. Il avait craqué face au tempérament particulier et au caractère trop fort de la jolie russe. Quand ils sortaient ensemble, le jeune homme se sentait totalement effacé et manipulé derrière elle, et il avait voulu mettre fin à tout ça. Le choix avait été dur, le fait de la quitter avait été pénible, mais il l'avait fait. Désormais, il était libre, et ne devait en aucun cas craquer, même si elle faisait tout pour ça.
Alors que le jeune pilote faisait tout son possible pour rester de marbre, Bonnie fondit en larmes devant lui. Encore hésitant, il ne savait pas si elle bluffait, ou si elle craquait réellement. Son expérience avec elle le poussait à croire qu'elle le manipulait, une fois de plus. Mais les larmes qui sillonnaient ses joues avaient sur lui l'effet escompté. N'y tenant plus, il posa sa main sur la cuisse de la jeune femme en larmes, et ajouta d'une voix qui se voulait rassurante : « Non Bonnie, ne pleure pas enfin, calme-toi ! » Tout à coup, ses yeux se posèrent sur sa main, et il prit rapidement conscience de ce qu'il était en train de faire : il craquait, tout simplement. Pablo retira précipitamment sa main, et décida plutôt de la poser sur son épaule, histoire de lui montrer qu'il était toujours là, mais à une certaine distance. Plus Bonnie parlait, et plus elle se montrait convaincante. Le jeune homme avait beau être conscient de la situation, il se sentait faiblir un peu plus à chaque mot qu'elle prononçait. Ses larmes avaient été l'élément de trop pour lui. Il ne pouvait tout simplement pas rester immobile et sans sentiments face à ça. « Je suis désolé mais... Écoute, je ne suis peut-être pas la bonne personne Bonnie. Je veux dire... tu n'es certainement pas qu'une garce sans cœur comme tu dis, mais... C'est pourtant la vision que j'ai eu de toi pendant trop longtemps. » Pablo avait serré les dents en lui disant tout cela. Évidemment, il aurait préféré pouvoir la réconforter, mais il n'aurait pas été honnête. Malgré les faiblesses qu'elle réveillait chez lui, il devait lui tenir tête, et ne pas perdre le nord, quitte à la vexer ou même à la blesser.
Pablo resserra un peu la pression de sa main sur l'épaule de Bonnie, et planta son regard dans le sien. Le plus sérieusement du monde, il lui déclara : « Bonnie, si tu as vraiment changé, prouve-le. »
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Jeu 1 Déc - 13:32
« Je suis tellement désolée... pour tout ce que je t'ai fait subir. » En un sens, elle l'était réellement. Il n'y avait jamais cent pour cent de mauvais en elle. Il y avait toujours une petite part de bonne conscience. Parce que jouer comme ça avec Pablo, c'était vraiment mal. C'était cependant une preuve du fait qu'elle grandissait, d'une certaine façon. Avant, elle n'aurait eu aucun remord à le manipuler. Surtout qu'il se montrait réellement touché par sa détresse. Son objectif était donc en partie atteint. Elle ne pouvait cependant pas encore crier victoire. Le jeune homme aux yeux magnifiques n'était pas encore à bout. Elle pouvait le pousser encore un peu plus. « Si je pouvais revenir en arrière, crois moi, je le ferai. Malgré tout j'étais bien avec toi. » dit-elle, son regard plongé dans celui de Pablo. Elle était même prête à poser sa main sur celle du jeune homme, qu'il venait de poser sur sa cuisse à elle. Mais il l'enleva trop rapidement. A la place, il la mis sur son épaule. Bonnie tourna la tête, déçue. La cuisse, c'était bon signe, vraiment, plus que ce qu'elle aurait pu espérer. L'épaule, c'était déjà moins intime. C'était... un geste pour réconforter un pote quoi. Pas une ancienne petite amie. « Je vais te prouver que j'ai changé, que je suis une fille bien maintenant. Je ne sais pas encore comment, mais je le ferai. » Elle le regarda à nouveau, et comme pour souligner un peu plus sa sincérité, lui pris la main et surtout ne détourna plus le regard. Cette proximité commençait à la troubler un peu. Au départ, si elle faisait ça, c'était pour se venger en quelque sorte. Elle était partie sans douter, sans se dire qu'elle ressentait encore quelque chose pour lui. Et là encore elle savait que ce n'était plus le cas. Mais ses yeux... sa main dans la sienne... tout ça évoquèrent certains souvenirs. Les rares moments où elle ne lui en faisait pas voir de toutes les couleurs en fait, parce que contrairement à ce qu'on pourrait penser, Bonnie ne passait pas son temps à être la pire des chiennes avec lui. Elle avait ses moments. Après quelques secondes ainsi, elle se leva. Elle était légèrement plus petite que lui, même avec ses talons. Elle avait lâché sa main. « Merci d'être resté pour m'écouter, Pablo. Merci de ne pas t'être lâchement enfui. T'es un type bien. Et je le redis, je regrette d'avoir fait ce que je t'ai fait. Tu ne le méritais pas. » Et là, spontanément, elle se rapprocha de lui d'une manière significative. Après coup, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait fait ça, mais c'était venu tout seul : elle effleura d'abord les lèvres de Pablo avec les siennes, avant de reprendre et de l'embrasser réellement. Sa main droite s'était même retrouvée dans les cheveux du jeune homme. C'était juste pour l'achever. Oui, ça ne pouvait être que pour ça...
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Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Ven 2 Déc - 22:03
Bonnie paraissait extrêmement sincère dans tout ce qu'elle disait, mais par expérience Pablo savait qu'il devait se méfier d'elle. Et pourtant, absolument tout dans le comportement du jeune homme montrait qu'il était sur le point de craquer. Il se maudissait intérieurement, mais c'était plus fort que lui. Néanmoins, il déplaça la main quelque peu audacieuse qu'il avait posée sur sa cuisse pour la porter jusqu'à son épaule. C'était plus... soft, et ce geste-là portait un peu moins à confusion que le précédent. Pablo essayait désespérément de se concentrer sur autre chose que ce que Bonnie lui disait, sur autre chose qu'elle, que ses yeux, que ses formes... que tout ce qu'il avait aimé auparavant. Et même aujourd'hui, il était incapable d'affirmer qu'il ne ressentait plus rien à son égard. Après tout, elle avait été une des seules filles avec qui il était resté assez longtemps pour pouvoir parler de vraie « relation ».
Lorsque Bonnie mentionna que malgré tout, elle avait été bien avec lui, ce fut e coup de grâce pour le jeune pilote. S'il l'écoutait, il avait clairement le sentiment qu'elle tentait de se racheter afin de pouvoir revenir auprès de lui. Et à ce moment précis, le jeune homme se surprenait même à espérer que ce soit effectivement son but. Plus il la regardait, et plus il éprouvait du regret en revoyant leur rupture. C'est lui qui l'avait voulue, et pourtant il s'en était mordu les doigts à plusieurs reprises. Malgré tout ce qu'elle lui avait fait subir au cours de leur relation, elle lui manquait énormément. Les petits moments hors du temps qu'il s'accordaient tous les deux n'avaient pas de prix pour lui, et Pablo en oubliait presque tout le reste. Et comme si elle le faisais exprès pour le déstabiliser davantage, Bonnie prit la main du jeune pilote, et planta son regard dans le sien. Brusquement, il s'imagina quelques mois auparavant, quand des situations comme celle-là étaient monnaie courante. Qu'est-ce que ça lui manquait ! Et normalement, la suite logique de ce genre de moments, c'était un baiser. Un baiser langoureux, ou fougueux selon les cas... Pablo faisait de son mieux pour rester en place, pour ne pas broncher et ne pas céder à la tentation. Un instant, il se redressa, s'approchant un peu plus d'elle, prêt à l'embrasser, mais se reprit aussitôt et réintégra sa place initiale en baissant les yeux. Il ne pouvait pas faire ça, il n'en avait tout simplement pas le droit. Pablo devait à tout prix se remémorer ce pourquoi il avait quitté Bonnie, juste pour faire redescendre cette tension insoutenable qui s'installait peu à peu entre eux. Mais visiblement, la jeune femme en avait décidé autrement.
Pablo la vit se rapprocher de lui, si près qu'il pouvait sentir son souffle contre sa peau. Le jeune pilote retint sa respiration au moment même où leurs lèvres s'effleurèrent. Quelques petites secondes plus tard, Bonnie l'embrassait, sans aucune gêne, comme s'ils se s'étaient jamais quitté. Et alors qu'il aurait du reculer, et refuser son geste, Pablo ne faisait qu'en profiter et appréciait ce moment qu'il avait finalement tant attendu. Un frisson le traversa de part en part quand il sentit la main de la jeune femme s'enfoncer dans ses cheveux. Décidément, Bonnie était redoutable. Et il était bien impuissant face à ses charmes ! Il laissa glisser une de ses mains jusqu'à ses hanches, puis l'autre, et l'attira un peu plus vers lui tout en prolongeant son baiser. Pablo savait qu'il avait tort de craquer, mais le fait de résister était une épreuve bien trop insurmontable. Lorqu'il libéra enfin les lèvres de la jeune femme, il recula un peu la tête sans pour autant la lâcher, et planta ses yeux clairs dans les siens. Puis il secoua discrètement la tête, et déclara à voix basse : « Bonnie... On.. on n'a pas le droit. C'est fini... » Le ton qu'il avait adopté laissait penser qu'il n'était même pas persuadé de ce qu'il disait. Mais le jeune homme ne parvenait pas à se détacher du regard de son ex-petite amie, et ses mains étaient comme soudées sur ses fines hanches.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Mar 6 Déc - 0:36
Bonnie a toujours considéré Pablo comme ayant été son seul réel petit ami, sa seule histoire sérieuse. Avant et après lui, tout n'était que coups d'un soir d'un temps à autres, et s'il lui arrivait d'en revoir certains, ce n'était en général l'affaire que de quelques nuits. Rien de plus. Avec Pablo, c'était vraiment différent. Déjà, il était gentil. Jamais aucun mec n'avait été aussi gentil et attentionné qu'il avait pu l'être avec elle. Elle n'en avait pas l'habitude, et ce trait de sa personnalité l'avait agréablement surprise. Mais quand on est habitué à fréquenter des connards finis qui n'ont aucune ou presque considération pour vous, difficile de ne pas devenir comme eux. Sur le moment, elle ne s'en était pas rendue compte. Elle agissait inconsciemment, lui faisant subir les pires choses. Pas étonnant qu'il ait fini par la laisser tomber. Elle l'avait bien cherché. Seulement à l'époque, trop fière, elle ne l'avait pas supporté. Personne n'avait le droit de quitter Bonnie Fitzgerald, c'était elle qui décidait quand les choses se terminaient. Rétrospectivement peut-être que sa rancœur n'était pas due à cet unique fait. Malgré tout, peut-être avait elle été vraiment affectée par cette rupture. Elle ne l'aurait pas embrassé si elle n'en avait quelque part pas eu envie, parce qu'elle était assez douée pour le martyriser de cents autres façons.
Pablo avait cédé. Rapidement. Plus vite qu'elle ne l'aurait pensé, et pour cause, elle n'aurait pas imaginé qu'il puisse se faire avoir de cette façon. Vu comment leur rupture s'était déroulée, Bonnie pensait qu'il ne souhaitait plus rien avoir à faire avec elle. Il y avait eu tellement de colère... Apparemment, il la regrettait un peu. Une part de lui peut-être, au fond, comme pour elle. Il n'aurait pas prolongé le baiser s'il en avait été autrement. Déjà avant ça, elle l'avait vu douter. Par son regard fuyant et ses gestes hésitants. Au final elle n'avait pas eu à faire grand chose : quelques pleurs, un regard triste, des excuses, et c'était fini pour lui. Elle s'impressionnait elle-même. Ce n'est pas elle qui mit fin au baiser. Mais elle ne bougea pas pour autant : elle se contenta de rouvrir les yeux et d'ôter sa main des cheveux du brun, la posant ensuite sur sa nuque. De la même façon, il ne la semblait pas vouloir la lâcher. Si l'un d'eux devait lâcher prise le premier, ce ne serait certainement pas elle. « Peut-être mais il est un peu tard pour y penser là, non? » Il avait une attitude et des paroles qui se contredisaient, il n'était pas crédible pour un sou. Peut-être essayait il encore de se convaincre de ne pas céder, de ne craquer. Mais comme l'avait souligné Bonnie c'était trop tard. « Je ne suis pas vraiment certaine que tu sois sûr de ce que tu dis là. Ou tu le montres très mal en tout cas. » Son regard n'avait pas quitté celui de Pablo. Ces yeux irrésistibles devant lesquels elle avait l'habitude de fondre, auparavant. Ils lui faisaient toujours autant d'effet d'ailleurs. Puis d'un coup, sans le lâcher non plus pour autant, elle secoua la tête. « Mais bon tu as raison, c'est fini. Excuse moi, je n'aurais pas dû. » Ce n'était qu'une prise de conscience, qui pouvait certes paraitre soudaine et spontanée mais qui n'était qu'une nouvelle feinte.
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Dernière édition par Bonnie Fitzgerald le Jeu 8 Déc - 14:29, édité 1 fois
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Mer 7 Déc - 22:42
Il avait tant voulu lui résister... Depuis le début, Pablo faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas craquer, pour ne pas la laisser approcher et ainsi risquer un faux pas. Mais à ce petit jeu-là, elle semblait définitivement plus forte que lui. Il était bien forcé de le constater. Ceci étant, le baiser qu'ils venaient d'échanger, cette main caressant ses cheveux... il avait l'impression de les avoir attendu pendant une éternité. Au fond, c'était peut-être tout simplement ce qu'il voulait. Bien qu'il ait horreur de se retrouver en position de faiblesse comme ça, il se surprenait à trouver la situation agréable. Et pour cause. Lorsque Bonnie fit glisser ses mains jusqu'à sa nuque, un nouveau frisson le parcourut, et il ferma même les yeux le temps de quelques secondes. « Je ne suis pas vraiment certaine que tu sois sûr de ce que tu dis là. Ou tu le montres très mal en tout cas. » Évidemment qu'il ne l'était pas, comment pouvait-il l'être ? Même le jour où il l'avait quittée, il n'était pas sûr de lui. Cette fille était un dilemme à elle toute seule, elle était SON dilemme à lui. Tellement adorable, et tellement insupportable à la fois ! Il l'avait aimée et détestée presque en même temps. Elle pouvait être parfaite à un moment, et la pire des garces quelques minutes plus tard... C'est à cause de cette inconstance et de ce déchirement que Pablo s'était résigné à la laisser tomber. Elle n'avait pas apprécié, il avait du la toucher dans sa fierté et il l'avait bien compris. Et même s'il savait pertinemment qu'elle le menait en bateau, ce soir il s'était laissé prendre dans son piège.
« Mais bon tu as raison, c'est fini. Excuse moi, je n'aurais pas dû. » Retournement de situation, comme elle savait si bien le faire. Pablo fut d'abord surpris, puis se souvint à qui il avait à faire et se rasséréna un peu. En posant un œil amusé sur les bras de la jeune femme qui l'entouraient toujours, le latino ne put s'empêcher de sourire. « Toi non plus tu n'es pas très convaincante... » Avait-il perdu la raison ? Sa constatation sonnait comme un véritable défi, une provocation à laquelle, il en était certain, Bonnie allait s'empresser de répondre. Prit de panique, Pablo voulut se lever mais il n'eut pas le réflexe d'ôter ses mains des hanches de la jeune femme. Elle n'avait visiblement pas enlevé ses mains de sa nuque non plus, et il se retrouva de ce fait collé à elle, encore plus proche que s'il était resté assis. Ses yeux eurent le malheur de rester accrochés une nouvelle fois à ceux de Bonnie, et toutes les bonnes résolutions qu'il venait de prendre s'envolèrent aussitôt. Après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien faire ? Il finirait par souffrir, c'était entendu, mais il avait l'habitude, il avait déjà testé. Et puis il avait tellement envie de la retrouver... même si elle se foutait de lui, il osait espérer qu'elle en avait aussi envie.
Pablo la fixait, intensément, comme s'il avait voulu la dévorait du regard. Lentement, ses mains se faisaient un peu plus audacieuses, et descendaient le long de sa taille en prenant une direction interdite. Un petit sourire presque coquin pointait même au coin de ses lèvres. Il avait craqué pour de bon, après un beau combat contre lui-même. A présent, il ne cherchait même plus à lutter, tout ce qu'il voulait : c'était elle. Quitte à ce que ça ne dure qu'une soirée ou même qu'une nuit. Il voulait simplement se retrouver avec elle, comme avant, comme dans ces moments où il l'avait aimée plus que personne ne pourrait jamais le faire.
Sujet: Re: T'as toujours d'aussi beaux yeux. Jeu 8 Déc - 15:25
Bonnie était douée. Une manipulatrice hors pairs, redoutable. Beaucoup la craignaient, et ceux pour qui ce n'était pas les cas apprenaient en général très vite à le faire. Mieux encore, ceux qui avaient gouté à sa vengeance, en quelque sorte, ne s'y frottaient plus et veillaient à bien rester éloigné. Pablo, lui, avait tout subi avec elle. Elle lui en avait fait voir de toutes les couleurs, et encore, ceci n'est qu'un euphémisme. A croire qu'il aimait ça, souffrir, s'en prendre plein la tête, se faire mener en bateau, et même pire. Il n'y avait que cette explication qui soit plausible. Autrement, pourquoi se montrer si entreprenant avec elle? Pourquoi craquer, ne pas continuer comme il le faisait au départ? La jeune femme ne pensait pas arriver à le faire craquer aussi vite. Pablo semblait s'être construit un bouclier en béton, blindé. Elle pensait avoir à fournir beaucoup plus d'efforts pour l'attirer à nouveau dans ses filets, et non pas mettre quelques minutes seulement. Pourquoi? Il savait lui tenir tête et lui résister par le passé. Là il était à totalement à sa merci, elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. « Toi non plus tu n'es pas très convaincante... » dit il, le sourire aux lèvres. Ce changement soudain d'attitude la surpris. Jusque là il avait été sur la défensive. A présent c'était tout à fait autre chose. On aurait dit qu'il lui lançait un défi. Eh bien s'il pensait qu'elle n'allait pas le relever, il avait tord. Elle baissa la tête, se mordit la lèvre, puis laissa un échapper un rire. « Comment être sûre de soi dans de telles circonstances? » dit-elle en croisant à nouveau le regard du brun. Brun qui la regardait d'une manière... intense. Trop intense peut-être? C'était mauvais signe. Enfin mauvais pour lui, plutôt bon pour elle. Cela signifiait qu'il sautait dans la gueule du loup et par conséquent que Bonnie avait touché au but. Elle l'avait même dépassé. Son regard ne cilla pas, et elle continuait de le fixer. Que faire à présent? Maintenant qu'elle avait réussi à le déstabiliser et à l'attirer à nouveau, il fallait qu'elle calme un peu ses ardeurs. Parce que déjà, les mains du jeune homme avaient glissé sur ses fesses. « Un peu de patience... » dit-elle tout ôtant ses mains pour les poser sur celles de Pablo, qu'elle prit et posa le long de son corps à lui. Elle brisa ainsi leur petit cercle intime, qu'ils s'étaient fabriqué le temps de leur échange. Une seconde ils étaient excessivement prêt, la suivante ils étaient revenus à une distance raisonnable. Le frustrer, c'était là son but à présent. Bonnie avait repris place sur son tabouret, et Pablo, lui était toujours debout. Elle finit son verre d'un seul trait avant de reporter son attention sur lui. « Tu comptes m'offrir un autre verre? » dit-elle en prenant un air détaché.